« Ils » avaient annoncé l’avènement de la société de l’image, prophétisé à grand renfort d’analyses celui de la télévision, de la voix, de l’image & du son, mais à bien y regarder, la grande gagnante, c’est toujours l’écriture, lointaine descendante des graffitis de Lascaux couchant des émoticons et des smileys sur les murmures de nos portables.
Nos portables, extension de la main et de l’oreille dont les fonctions ne cessent de s’étendre et de se multiplier. Téléphoner, oui bien sûr, mais aussi lire des video, écouter de la musique, enregistrer de petits et grands moments de vie, prendre des photos, faire envoyer des fleurs, les payer … mais aussi et surtout écrire : souhaiter bon anniversaire, smser, texter, tchater, bref, laisser toutes sortes de traces de soi tant qu’on tient son cellulaire au creux de la main … ou qu’il nous tient au creux de sa carte SIM…
Un livre passionnant de Maurizio Ferraris, professeur de philosophie à l'université de Turin, se penche sur la question « abyssale » de cette relation téléphonée entre nous, notre portable et le reste du monde ! « T’es où ? » préfacé par Umberto Eco, ce qui, a priori - mais faut-il en avoir ? - peut être gage de lecture joyeuse et traduit de l’italien par Pierre-Emmanuel Dauzat.
« T’es où ? » Ontologie du téléphone portable.
L’homo cellularis que je suis (j’essaie le verbe être et non le verbe suivre…) jubile et se lève chaque matin avec humilité et heureux d’offrir au triomphe de l’écrit un petit Crickee pour chacun de vos portables.
Un article fort bien documenté dans Libération qui en parle bien mieux que moi et … surtout, plus encore, un livre à dévorer et à acheter ici.








