Filer la métaphore avec le dopage dans les milieux sportifs serait à peine exagéré.
En juillet dernier, le modèle économique de la publicité au Coût par Clic (CPC) a vacillé sur son podium après la sortie de l'analyse du laboratoire, pardon, du Cabinet d'Etudes Outsell Inc dénonçant la fraude au clic (via JdNet).
Certaines équipes, pardon annonceurs, avaient même annoncé la possibilité de diviser par deux les budgets si le voile d'opacité des pratiques anti-fraudes des grandes régies n'était pas rapidement levé.
Avec un chiffre d'affaires trimestriel de 2.65 milliards de dollars essentiellement généré par AdWords, Google a en effet intérêt à lever les malentendus et aplanir les polémiques. Ca tombait bien, Shuman Ghosemajumder, le Monsieur Anti-Fraude maison, était fin octobre à Paris. "La fraude au clic est certes un risque majeur, mais nous faisons le nécessaire pour qu'il reste un problème mineur", introduit-il sur un air de déjà entendu.
Mais d'abord, la fraude au clic, qu'est-ce ?
Pour faire vite, des clics malveillants facturés aux annonceurs qui ainsi ne trouvent plus de réel intérêt à annoncer sur Adwords, ou ailleurs. En clair, l'annonceur paie uniquement lorsque les utilisateurs cliquent sur son annonce. Si de faux clics sans intention d'achat ou de recherche d'information sont facturés, personne n'y trouve son compte. Cet été, Google en a été de sa poche avec le versement de 90 millions de dollars pour mettre un terme à une action collective sur l'épineux sujet. Il était donc grand temps de mettre un peu d'huile dans les rouages et de restaurer un semblant de confiance. Pour commencer les dérives sont énoncées là.
Ensuite Google a mis au point une modélisation et une procédure à 4 niveaux. "Nous avons regroupé plus d'une centaine de critères pour définir un modèle statistique (niveau 1 qui filtrerait 90 % des clics frauduleux). Si nous observons une déviation manifeste entre notre modèle et la réalité, nous filtrons automatiquement le clic (niveau 2 qui filtrerait 5% supplémentaire). Si la déviation est plus fine, nous passons au troisième niveau de contrôle avec une validation manuelle. Enfin, si un doute persiste, nous pouvons déclencher une enquête pour répondre à une demande d'un annonceur." précise Shuman Ghosemajumder. Et de conclure "Dans le pire des cas, nous remboursons les annonceurs car c'est notre intérêt que leur retour sur investissement reste positif et qu'ils continuent à utiliser AdWords".
Désormais, les annonceurs du programme AdWords peuvent également connaître le nombre de clics invalides et estimer ainsi la somme non facturée par Google. Il semblerait donc que Google mise sur la transparence. Maintenant il va falloir tenir sur la longueur, anticiper les ruses des tricheurs, longue course d'endurance et de vigilence...
via Journal du Net