Certains décident de le larguer (souvenez-vous !) d'autres revendiquent le droit de l'utiliser... ça grogne dans les cabinets ministériels.
La vague des nouveaux arrivants venus de la "société civile", entreprises, cabinets d'avocats ou banques d'affaires découvre l'interdiction d'utiliser son BlackBerry dans certains ministères, à l'Elysée et à Matignon -- qui va plus loin en plaçant tous les PDA sur le même pied d'égalité: pas touche.
Pourquoi donc ? La crainte de laisser circuler des informations gouvernementales entre des mains étrangères*. Mot d'ordre : tout ce petit monde doit réapprendre à travaillerà à l'ancienne, de l'autre côté de la fracture technologique. C'est toujours plus facile de s'adapter à une nouvelle technologie que de réapprendre à s'en passer ...
A tel point que la circulaire de 2006 émanant du Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN) a dû être renotifiée, certains accros utilisants leur BlackBerry en cachette. Arrêter de fumer serait, paraît-il plus facile.
"Les risques d'interceptions sont pourtant réels, c'est la guerre économique", explique Alain Juillet, haut responsable chargé de l'intelligence économique. "Pour preuve des risques encourus, poursuit-il, avant toute grande négociation entre des banques d'affaires américaines et des entreprises, chacun sort son Blackberry et en extrait la pile pour montrer que tout se déroule dans un climat serein".
Pendant ce temps là, le ministère de l'Economie et des Finances, le MinEFI pour les intimes, passerait outre la directive. A lire les propos de Christophe Alviset recueillis par 20minutes.
La France n'en est pas à un paradoxe près ;-)
* Blackberry est fabriqué par la société canadienne Research In Motion (RIM), et l'ensemble des données transite par 2 serveurs situés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. "RIM travaille avec la NSA sur la sécurisation des e-mails pour répondre aux exigences de sécurité renforcée du ministère de la Défense Américain". Voilà le petit grain de sable qui fait soupçonner la mûre d'avoir de grandes oreilles par certains, et lui confère un haut niveau de fiabilité pour d'autres ...